Arbres et forets

COURS DES BOIS : le chêne toujours, mauvaise passe pour l’épicéa

Décembre 2018

Le chêne continue sa pente ascendante commencé il y a 4 années, atteignant dans certaines ventes des sommets. Plus généralement, les marchés sont globalement satisfaisants, à l’exception notable de l’épicéa, déstabilisé par l’afflux de bois provoqué par les scolytes. À noter une importante étude démontrant que les lots de bois se vendent à un prix supérieur de 3,2 %, lorsqu’ils portent la certification PEFC, par rapport à des bois de qualité équivalente mais exempts de ce label.

Forêts Privées du Grand Est

Le chêne continue sa pente ascendante commencé il y a 4 années, atteignant dans certaines ventes des sommets. Plus généralement, les marchés sont globalement satisfaisants, à l’exception notable de l’épicéa, déstabilisé par l’afflux de bois provoqué par les scolytes. À noter une importante étude démontrant que les lots de bois se vendent à un prix supérieur de 3,2 %, lorsqu’ils portent la certification PEFC, par rapport à des bois de qualité équivalente mais exempts de ce label.

Feuillus

  • Chêne : Le cocktail "export, tonnellerie, manque de matière" continue à générerdes cours très soutenus, voire "plus", y compris sur les petits diamètres et les qualités industrielles. Chêne de qualité C à partir de 120 €/m3 sur pied.
  • Frêne : Malgré les nombreuses coupes nécessitées par la chalarose, les cours se maintiennent bien, peut-être par un transfert d’utilisation chêne/ frêne dans certains marchés à l’export. Frêne > 1 m3 : à partir de 75 € sur pied.
  • Hêtre : La demande est bonne (notamment par l’export au Maghreb ou en Inde), avec des cours qui semblent stabilisés à un niveau "moyen moins". Hêtre de qualité moyenne, hors palette : 55 €/m3 sur pied.
  • Peuplier : La reprise se confirme, en particulier pour la qualité (élagage précoce). Au delà de 35 €/m3 pour la qualité des roulages.
  • La trituration a repris de la couleur, et même une tension provoquée par un manque de main d’œuvre d’exploitation peut exister.

Résineux

L’activité dans les scieries résineuses est certes soutenue, mais décevante par rapport aux prévisions. Elément positif, les importations d’outre-Rhin de sciage sont
en forte baisse pour répondre au marché intérieur allemand, ce dont profite les scieries françaises.

  • Sapin-Épicéa : les coupes liées aux scolytes provoquent, par l’abondance des bois, une chute des cours. La situation est sérieuse, en particulier pour les petits bois de sciage, désormais difficilement vendables (voir encadré) ; si cette situation s’amplifiait en 2019, cela aurait des conséquences redoutables.
  • La trituration est également à la peine, le 2ème choix (panneaux) étant complètement saturé.
  • Les autres essences, telles le Douglas, se confortent.

Nous vous rappelons que les valeurs de prix ne sont données qu’à titre indicatif, et qu’elles ne tiennent pas compte de contraintes d’exploitation. Par ailleurs, il peut y avoir des disparités au sein de notre région.

Didier Daclin - UFE
Philippe Laden - CRPF

Épicéa, vers la catastrophe ?

L’épidémie de scolytes génère un afflux de bois d’épicéa sur le marché ne répondant que partiellement aux possibilités de transformation et aux marchés régionaux. Les bois morts sur pied avant l’automne ne correspondent plus au cahier des charges des scieurs et deviennent difficiles à écouler auprès des industries du panneau.
Les arbres d’un diamètre supérieur à 30 cm morts à l’issue de l’envol des insectes à l’automne sont encore utilisables par les scieries jusqu’au printemps. En revanche, les bois de diamètre inférieurs ne peuvent plus trouver de débouchés en charpente dans nos régions ; or cette catégorie représente la majorité des bois qui sortent des forêts privées du Massif Vosgien.
Face à cette situation, Forêts & Bois de l’Est a entrepris de contacter des scieurs d’emballage du Sud-Ouest en manque d’approvisionnement.
Des tests ont déjà été mis en place avec succès avec des schémas logistiques opérationnels qui pourraient être ouverts à tous (coopératives, scieurs ou exploitants forestiers). Mais un problème demeure, celui du coût du transport actuellement rédhibitoire pour rendre cette solution opérationnelle. F&BE lance donc un appel aux pouvoirs publics pour débloquer une aide d’urgence au transport afin d’éviter la catastrophe économique qui s’annonce, particulièrement pour les propriétaires forestiers privés.

A. Jacquet
Directeur F&BE

En bref...

L’espagnol Garnica, leader européen du panneau contraplaqué, a annoncé la création d’une unité utilisant du peuplier à Troyes, avec un investissement prévisionnel à hauteur de 80M €. La 1ère tranche sera opérationnelle dès 2020 ; il s’agira du 2ème site de Garnica en France, après celui de Samazan en Lot et Garonne.

Article extrait de la revue FORÊT DE FRANCE, la revue nationale de la forêt privée, diffusé auprès des propriétaires et professionnels de la filière forêt-bois.