Gestion, réglementation et administration

Loucher vers l’est : un bon strabisme ?

Août 2017

Poids économique de la filière, équilibre entre résineux et feuillus, dynamisme de la petite forêt privée, la grande région peut nous être très enrichissante : et si c’était une chance pour nous les Champardennais, ce rapprochement avec les départements de l’Est ?

Forêts Privées du Grand Est

Poids économique de la filière, équilibre entre résineux et feuillus, dynamisme de la petite forêt privée, la grande région peut nous être très enrichissante : et si c’était une chance pour nous les Champardennais, ce rapprochement avec les départements de l’Est ?

Oui c’est important d’appartenir à une très grande région forestière équilibrée entre ses massifs résineux et feuillus de qualité.

De tradition, nos voisins lorrains ou alsaciens ont une personnalité régionale forte qu’a forgée l’histoire et il est bon pour nous de progresser vers une identité régionale plus affirmée.

D’un point de vue forestier, cette identité à laquelle il faut nous associer, est forgée par la qualité des massifs forestiers de la grande région : ils sont surtout feuillus chez nous. Mais l’Alsace-Lorraine nous apporte un complément d’expertise tout à fait stratégique en matière de résineux, marché d’avenir.

Oui c’est important d’apprendre avec l’Alsace le dynamisme de la petite propriété qui sait se regrouper pour améliorer à la fois la mobilisation des bois et la gestion des massifs et, de ce fait, la rentabilité …et l’adhésion syndicale !

C’est vrai, les alsaciens ont eu cette originalité d’avoir su mobiliser très fortement les petits propriétaires qui se sont fortement syndiqués. Ils se sont de ce fait intéressés à leurs bois. Beaucoup se sont regroupés et mettent progressivement en place des modes de gestion coordonnés. Et le nombre important de propriétaires syndiqués donne un vrai poids politique à Fransylva régionalement. Et c’est un vrai sujet à creuser pour nous.

Oui c’est important pour la représentativité de notre syndicalisme de nous regrouper dans une grande Union Régionale qui pèsera plus dans ses rapports avec l’administration ou les chasseurs.

Pour la forêt privée, c’est un bon point d’appartenir à la 2ème plus importante région forestière de France, à la 1ère en termes de chiffre d’affaires. Car les propriétaires devront encourager la redynamisation de la 1ère transformation locale largement sous-investie par rapport à nos voisins nord-européens. Ils sont aussi les premiers concernés pour assurer un meilleur équilibre sylvo-cynégétique et relancer les plantations ou enrichissements, beaucoup trop faibles aujourd’hui dans nos massifs.

Mais il faudra garder les particularismes de chacun.

Nous avons développé en Champagne-Ardenne comme en Alsace un réseau de coopératives de terrain, très proches des propriétaires et très transparentes dans le coût de leurs prestations. C’est une vraie force qu’il faudra continuer à développer dans le même esprit.

Nous avons des circuits de vente bien rodés qui fonctionnent bien et permettent de valoriser nos bois. Il faudra les garder.

Enfin, s’il est possible de regrouper certains syndicats dans des entités plus vastes pour mettre en place des synergies et améliorer notre efficacité syndicale, il faudra le faire.

Hubert BALSAN - Président du SPFS des Ardennes

Article extrait de la revue FORÊT DE FRANCE, la revue nationale de la forêt privée, diffusé auprès des propriétaires et professionnels de la filière forêt-bois.